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Guénérargue, Gard (France)

Lorsqu’on vous parle de la bambouseraie, sans hésitation vous l’assimilez au nom « Anduze » … pourtant l’avez-vous visitée ? D’où lui vient cette notoriété aujourd’hui transfrontalière ? Je vous propose aujourd’hui de découvrir ce magnifique jardin et pépinière, au doux son des canes dans le vent des Cévennes.

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Bambouseraie d’Anduze

Un peu d’Histoire

Ce jardin exotique prend racine au milieu du XIXe siècle, soit plus de cent cinquante ans en arrière, sous les bons soins d’Eugène Mazel, botaniste renommé et heureux héritier d’une fortune marseillaise qui lui permet de laisser libre court à sa passion pour l’horticulture et les sciences naturelles. Canaux d’irrigation et plantations japonaises, nord-américaines et même himalayennes sont réalisés rapidement. Malheureusement, sa passion du végétal n’a d’égal que son incompréhension manifeste de la gestion de ses finances. Trente ans plus tard, il se voit obligé d’hypothéquer ses biens et de finir sa vie misérablement dans les ruelles de Marseille.
La bambouseraie est rachetée vingt ans plus tard par la famille Nègre qui, faisant preuve d’une meilleure gestion, préside encore aujourd’hui la destinée de ce jardin exotique.

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Visite guidée

La promenade peut s’effectuer sur une journée entière tant ce jardin est vaste et regorge de détails. A peine glissés sous le pont de l’ancien chemin de fer, nous voilà guidés par les plus majestueux végétaux qui soient : les sequoias géants. L’allée laisse découvrir sur la droite un labyrinthe végétal, un bambusarium ainsi que de petits jardins intimistes et expérimentaux.

Derrière eux se trouvent les serres portant le nom du fondateur : Mazel. Ici, avalanche de variétés venues des quatre coins du monde et dépaysement total d’une serre à l’autre. Dans l’une, c’est une exubérance de fougères, d’orchidées, de strelitzias et broméliacées massées autour d’une cascade bruyante, tandis que l’autre abrite cactacées revêches et plantes grasses torturées dans un air sec et silencieux, presque figé.
Sur la gauche de l’allée des séquoias s’offre un spectacle qui surprend même les habitués. Un village laotien a été complètement reconstitué par un membre du personnel, nostalgique de sa terre natale : des cases en bambou et feuilles de bananier aux rizières, en passant par les petits ateliers artisanaux, tout y est. Devant chaque détail, un panonceau révèle les us et coutumes de cette culture si peu connue, ainsi que les différentes utilisations du bambou. Vous découvrirez que l’on peut réaliser échafaudages, vannerie, plats, couverts, meubles mais aussi faire du béton armé en remplaçant l’acier par du bambou !

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Revenons à l’allée des sequoias. Tout au bout se trouve la ferme, matriarche sans âge veillant sur le parc, à la confluence de ses trois grands axes. Devant elle s’élance un marronnier tout aussi vieux et respectable.

Les laissant en paix, nous continuons notre chemin en nous enfonçant sous la forêt de bambous géants. Ici, le parc retrouve sa fonction première de parc botanique, avec une collection de bambous, conifères et arbres des quatre coins du monde.

En poursuivant notre déambulation, nous découvrons l’entrée d’un jardin à inspiration asiatique, marquée par une porte japonaise en bambous peints. Et là, surprise et émerveillement ! Nous quittons, en enjambant le palier invisible, l’ombre des bambous pour nous retrouver dans un vallon baigné de soleil. Signé par Erik Borja, en l’an 2000, ce projet porte à juste titre le nom de Vallon du Dragon. Si le village laotien vous a dépaysé, vous vous retrouvez pareillement transporté de l’autre côté de la planète. Arbres en nuage, reliefs et rochers soulignant les feuillages rouges des érables aux feuilles finement ciselées, la végétation apporte ces notes douces de couleur et d’harmonie, soulignées par le cours chantant d’un ruisseau ondulant dans le vallon. Nos pas nous guident le long du chemin sans que nous ayons à y réfléchir, suivant la nage indolente des carpes koï. Au fond du vallon se trouve le pavillon du Phoenix, construit au-dessus du ruisseau et depuis lequel le tableau paysager dans lequel vous évoluiez prend tout son sens. Le travail réalisé par Eric Borja n’est pas seulement un jardin aux tons japonisants. C’est un parcours initiatique, à suivre à son propre rythme, et dont la ligne d’arrivée n’est rien d’autre qu’une invitation à prendre conscience que le plus important reste le chemin parcouru, et non pas les fins.

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Pour finir notre visite, remontons le dernier axe, l’allée des palmiers. Plantée de centaines de Trachycarpus fortunei, elle abrite des œuvres d’artistes en lien avec le végétal, aux notes d’humour décalé mais délicat.
A la fin de la journée, en quittant la bambouseraie, je vous invite à flâner dans la pépinière et la bamboutique… après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on visite autant de contrées grâce à une graminée !

Plus d’informations sur la site officiel de la bambouseraie : http://www.bambouseraie.com/fr

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Zoom sur Erik Borja : qu’est-ce qu’un jardin zen ?

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Erik Borja, originaire d’Alger, poursuit dans un premier temps des études artistiques et un cursus de sculpteur. Installé dans la Drôme, il se découvre une sensibilité pour son jardin, qu’il aménage tranquillement sur des tons asiatiques. A trente-six ans, il effectue un premier voyage au Japon où il redécouvre et étudie avec ferveur les principes des jardins bouddhistes zen. A son retour en France, fort de ce savoir et surtout de cette compréhension, il remanie intégralement son jardin pour l’organiser en différents espaces aux fonctions bien distinctes : méditation, salon de thé, déambulation…

Il convient de bien faire la différence entre « zen » et « japonais » (ou « japonisant », ou « asiatique »…). Les moines ne vivaient pas comme les princes ; leurs butsétaient différents, et tels l’étaient leurs jardins. Un jardin « zen » se résume à des cailloux. Des rochers noirs dans des gravillons blancs (qui ont, certes, une signification profonde mais accessible et utilisable uniquement par des initiés). Les bouddhas, fontaines en bambou et autres ying-yang ne sont qu’artefact commerciaux utilisés par les occidentaux pour expliciter les détails d’une culture qui donne envie. Les occidentaux (vous et moi) souffrent tant des stress de leur train de vie que l’idée d’un jardin zen leur parait un médicament doux et exotique. Pourtant, et c’est ce qu’a compris Erik Borja, ce n’est pas ce petit bouddha en plâtre qui va vous apaiser. Ce n’est pas en vous accrochant aux codes d’un autre peuple que vous allez vous ressourcer. La solution de votre sérénité se trouve dans vos goûts, dans vos souvenirs. Erik, enfant d’Alger, a sans hésitation recréé un jardin méditerranéen mêlé des codes zen qu’il a intégrés dans son mode de vie. Votre propre jardin zen se doit de vous ressembler, il doit être le reflet de l’état dans lequel vous désireriez que votre esprit soit. Et ce, en utilisant des codes (végétaux, couleurs, styles) qui vous parlent.

Notre métier, c’est de vous aider à révéler ce jardin qui sommeille en vous.

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Crédit photographique : Atelier Olea


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